lundi 6 mai 2013

Traitement de texte ou logiciel de mise en page ? (partie 1)

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Lorsque l'on veut publier soit même son livre, que ce soit en auto-publication ou simplement pour mettre un PDF à disposition sur internet, se pose la question du logiciel à utiliser pour réaliser la mise en page. Si vous avez suivi le conseil du premier article, vous avez maintenant un texte "brut" avec une mise en page minimale (les styles par défaut du traitement de texte utilisé).

Maintenant, il faut attaquer le travail de présentation du texte afin de le rendre attrayant à la lecture ou même simplement de déclencher l'envie d'acheter. Cette tâche de mise en page est un véritable travail et, dans les processus de l'édition professionnelle, celle-ci est réalisée par un spécialiste de la mise en page. Dans le cadre de l'auto-publication, c'est souvent l'auteur qui réalise lui-même cette tâche ingrate et souvent longue. Si vous êtes chanceux, vous trouverez peut être quelqu'un pour vous aider.

Alors quel logiciel choisir ?

Les différents types de logiciel

On peut réaliser la mise en page à partir de plusieurs types de logiciels :
Chaque logiciel à ses avantages et ses inconvénients. Toutefois, dans le cas de la mise en page d'un livre, on évitera d'utiliser un logiciel de présentation ou de dessin vectoriel. Ceux-i n'ayant pas de fonctions évoluées dans le de domaine de la mise en page de long texte et on limitera leur utilisation que pour des livrets de quelques pages tout au plus.

Logiciel Libre ou logiciel propriétaire ?

Tout d'abord, si vous voulez que l'on respecte votre travail alors il faut respecter celui des autres. Donc, n'utilisez pas de logiciel piraté. Ce n'est pas parce que Microsoft est riche à milliard qu'il n'a pas les mêmes droits à la propriété que vous (l'inverse étant vrai aussi). Une règle, si votre choix se porte vers un logiciel propriétaire, portez vous acquéreur de la licence. Selon le logiciel, cela va de quelques centaines d'euro à quelques milliers.

Dans la liste ci-dessus, j'ai indiqué pour chaque logiciel leader du marché professionnel au moins une alternative Libre avec le lien vers son site officiel. LibreOffice est une alternative mature de Microsoft Office et vous pouvez sans problème réaliser les mêmes choses qu'avec la suite de Microsoft tout en ayant des fonctionnalités supplémentaires comme la possibilité de réaliser directement des PDF sans logiciels tiers (comme Adobe Acrobat ou PDF Creator).

Scribus est une alternative à InDesign, toutefois certaines fonctionnalités sont plus difficiles à mettre en oeuvre et il y a une règle importante à observer : sauvegardez souvent ! C'est un logiciel en plein développement mais qui permet déjà de réaliser de grand projet.

Personnellement mon choix s'est porté sur les alternatives Libres et je les utiliserai donc pour illustrer cet article.

Le conseil au débutant

Si vous ne maîtrisez aucun des logiciels ci-dessus, commencez simplement. Un traitement de texte comme LibreOffice vous permettra de réaliser une mise en page convenable. Dans bien des cas le logiciel de PAO n'est pas nécessaire et on peut réaliser un travail similaire avec un traitement de texte. J'en veux pour exemple la mise en page de Dungeonslayers Fr 3.5 qui a été fait, à l'époque, avec OpenOffice (LibreOffice est basé sur OpenOffice) avec un rendu similaire à celui des versions officielles (allemande et anglaise) qui ont été réalisées avec InDesign.

D'une manière générale :
  • Les logiciels de PAO sont des logiciels de dessin donc orientés artistes ;
  • Les traitements de texte sont conçus pour la création de texte mais disposent de fonctions de mise en page suffisantes pour un grand nombre de réalisation.
Autre point important : commencez petit pour tester avant d'attaquer le gros du texte. Vous pouvez ainsi maquetter votre mise en page sur une partie du texte et, une fois que vous êtes content de la mise en page, l'appliquer au reste du texte.

La mise en page et ses difficultés

Ici le cadre de la mise en page est celui d'un jeu de rôle. Nous allons voir quelles difficultés nous pourrions rencontrer. La première difficulté est la pénibilité et la longueur de la tâche surtout si le travail a mal été préparé en amont.

La préparation du texte et l'utilisation des styles

C'est une étape importante et qui peut être très rébarbative. La première erreur serait, lors de la frappe du texte, de vouloir faire la mise en page en même temps. La saisie du texte est une étape créative (qui fait des brouillons à notre époque ?) et qui nécessite toute l'attention du rédacteur. Son attention est déjà bien sollicité par :
  • La correction des fautes d’orthographe ou de grammaire ;
  • La formulation des phrases afin qu'elles soient compréhensive ;
  • L'organisation générale du texte (chapitre, titre, utilisation de liste avec puce ...).
Le rédacteur devrait donc se contenter d'utiliser les styles par défaut disponible dans le traitement de texte (Titre 1 à 5, corps de texte, ...) et n'ajouter des styles supplémentaires que pour mettre en évidence certains types de paragraphe : exemples, explications mises en valeurs, ...

Il faut surtout éviter de mettre directement le texte en forme sans utiliser les styles. Une erreur courante est de mettre en gras directement le texte en gras pour indiquer un titre. L'intérêt d'utiliser un style est que si on le modifie alors cette modification s'applique partout dans le texte (sauf là où vous avez appliqué un formatage directement sur le texte).

Voilà, c'était un petit rappel des conseils du premier article de la série sur l'auto-publication. Maintenant revenons au travail de préparation du texte. La première étape est de bien vérifier que chaque paragraphe a le bon style qui lui est appliqué. Sur certains projets, j'ai dû effacer le formatage manuel du texte fait par l'auteur et c'est vraiment long. Heureusement, dans LibreOffice, vous pouvez sélectionner le texte et choisir "Effacer le formatage direct" dans le menu du clic droit. Quand les styles ne sont pas appliqués à bon escient, il faut appliquer manuellement les bons styles ... et là on maudit l'auteur du texte de tous les noms possibles et imaginables.

Les tableaux

La multiplicité des tableaux, chose courante dans les ouvrages de jeu de rôle, peut rapidement devenir un calvaire pour la personne en charge de la mise en page. Quand en plus on veut donner une apparence moins "traitement de texte" aux tableaux (lignes en alternance de couleur sans encadrement par exemple) et que l'on ne peut pas le faire sous la forme de style (ce qui est le cas, à ma connaissance, avec LibreOffice), on est obligé de faire du formatage direct dans le texte. mais si on veut modifier cette apparence pour tous les tableaux alors il faudra le faire manuellement pour chaque tableau.

Les grimoires ou les bestiaires

Une autre bête noire lors de la mise en page : les listes diverses qui associent des "caractéristiques" et descriptions. Parmi ces fameuses listes, on trouve principalement des grimoires et de bestiaires mais dans certains types de règle vous pouvez y ajouter les capacités,  les compétences, etc ...

Là plusieurs méthodes peuvent être utilisées : 
  • Les tableaux avec les mêmes inconvénients que pour les tableaux normaux et la quantité en plus ;
  • Les tabulations qui permettent de séparer les caractéristiques en colonnes bien alignées d'une ligne sur l'autre.
Quelque soit la méthode utilisée, c'est un gros travail de préparation et de recomposition du texte.

Les illustrations

Outre le choix ou la réalisation des illustrations qui est déjà un gros travail, les possibilités des logiciels divergent quand au positionnement et au découpage des images sur la page. C'est un point important dans la composition de la page : placer les images aux endroits stratégiques.

Les colonnes multiples

À moins de travailler avec des petits formats de page ou sur un livre purement numérique, on utilisera des compositions sur 2 ou 3 colonnes. C'est une astuce qui permet de densifier le texte sur la page et donc d'en réduire le nombre ce qui est important dans le domaine de l'impression où chaque page a un prix.

La difficulté est de gérer des éléments (Titres, ou tableaux) pouvant s'étendre sur des largeurs plus grandes que celles des colonnes. Là aussi on peut arriver à des casses têtes de mises en pages.

Le fond de page

C'est un élément important de la composition. Bon nombre de livres de jeu de rôle ont de beaux fonds de page qui couvrent la page entière. L'utilisation d'un fond de page aussi avoir des effets de bord :
  • Augmentation de la consommation d'encre (important quand on imprime soit même sur sa petite imprimante par exemple) ;
  • Impact sur la lisibilité du texte et même le rendre illisible sur les documents photocopiés (enfin là c'est eut être fait exprès) ;
  • Apparition d'une marge blanche autour de la page.
Pour ce dernier point : une imprimante à une marge d'impression, tenez en compte sous peine soit d'avoir l'image et le texte situé sur les bords tronqués, soit que l'image soit réduire est que l'on ait une marge blanche autour de la page.

En impression chez un imprimeur, il existe une technique : le fond perdu. En fait, l'imprimeur utilise un papier plus grand que le format choisi ce qui vous permet d'imprimer jusqu'au bord de la page sans être impacté par la marge blanche. Il découpe ensuite la page au bon format. Attention, tous les logiciels ne savent pas gérer directement les fonds perdus.

Le sommaire ou les index

Autre point important, l'accessibilité du lecteur à la bonne information quand il en a besoin. Quel joueur ou maître de jeu n'a pas été voir un point précis de la règle durant une partie. Pour cela, on mets en place des sommaires ou des index. C'est une fonction de base des traitements de texte mais qui peut devenir compliquée à mettre en oeuvre avec un logiciel de PAO.

Conclusion

Avec ce survole des difficultés que vous pourriez rencontrer nous avons donc les critères qui vous permettrons de faire le choix du logiciel de mise en page. Dans la deuxième article, nous parlerons des avantages inconvénients de chaque type de logiciel avec les logiciels LibreOffice et Scribus comme illustration.


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